Actualités

Comment inVirtus a approvisionné sa production avec 4 000 composants issus d’un surplus local

Une alerte Hexachip, un stock disponible chez Keepen à Saint-Malo et une fabrication chez Cabl’inov en Vendée : inVirtus Technologies a choisi d’intégrer 4 000 composants déjà existants à sa production, à conditions économiques équivalentes à ses circuits d’approvisionnement habituels.

À Nantes, inVirtus Technologies conçoit et fabrique des solutions IoT de géolocalisation et de suivi d’actifs : traceurs connectés, capteurs, lecteurs Bluetooth Low Energy et plateforme cloud.

Ses solutions permettent à des industriels de savoir où se trouvent leurs équipements (conteneurs, outillages, engins ou emballages) et d’en suivre l’état.

Parmi ses produits figure ivTrack Evo, un traceur dans lequel un chip nRF52 de Nordic Semiconductor joue un rôle central : il assure à la fois les fonctions de microcontrôleur et de communication Bluetooth Low Energy.

Pour inVirtus, cette référence n’est donc pas un composant interchangeable parmi d’autres.

Une référence difficilement substituable

Changer de puce aurait des conséquences importantes : modification de la carte électronique, portage du firmware, nouveaux essais radio et reprise d’une partie du processus de certification.

Plusieurs mois de travail seraient nécessaires.

À court terme, la bonne référence est donc indispensable.

Le contexte général des approvisionnements reste par ailleurs exigeant pour inVirtus. En 2026, l’entreprise a notamment connu des livraisons partielles sur d’autres références Nordic ainsi que de fortes hausses sur les PCB.

Mais dans le cas du nRF52, il ne s’agissait pas d’une pénurie.

inVirtus pouvait acheter la référence auprès de ses distributeurs habituels.

C’est une autre possibilité qui est apparue.

Le 10 avril, une alerte fait apparaître un stock disponible

inVirtus avait ajouté la référence à sa watchlist sur Hexachip.

Le 10 avril 2026, une opportunité lui est signalée : plusieurs milliers de nRF52 sont disponibles chez Keepen, un autre industriel du Grand Ouest, basé à Saint-Malo.

Le timing correspond à une production qu’inVirtus doit justement préparer.

Le stock disponible répond aux premiers critères essentiels : la bonne référence, une quantité adaptée et une disponibilité immédiate.

Reste une question déterminante pour l’acheteur : est-il pertinent d’intégrer à sa production des composants provenant du surplus d’un autre industriel plutôt que de passer par son approvisionnement habituel ?

Chez Keepen, des composants en surstock et sans usage identifié

Keepen développe des solutions IoT de sécurité et de contrôle d’accès basse consommation.

Pendant la période Covid, en 2021, l’entreprise avait constitué des stocks de composants plus importants. Une partie de ces composants était finalement restée inutilisée, immobilisant de la trésorerie.

Parmi eux figuraient les composants Nordic recherchés par inVirtus.

Les bobines étaient conservées sous scellés d’origine, dans un environnement contrôlé.

Keepen, qui travaillait auparavant avec des brokers classiques, avait découvert Hexachip par l’intermédiaire d’un de ses distributeurs autorisés. L’entreprise avait alors proposé plusieurs de ses surplus sur la plateforme, avec notamment les photos des étiquettes et des conditionnements.

Le stock existait donc déjà.

Il fallait désormais qu’un industriel ait le bon besoin, sur la bonne référence, au bon moment.

Pourquoi inVirtus décide d’acheter ce stock

Le prix proposé est comparable à celui proposé pour des composants neufs par ses distributeurs habituels.

La décision ne repose donc pas sur une remise exceptionnelle ou sur une situation de pénurie.

Elle repose sur un arbitrage différent : à conditions économiques équivalentes, pourquoi ne pas utiliser des composants déjà fabriqués et disponibles chez un autre industriel ?

« La référence exacte dont nous avions besoin, une quantité adaptée à notre production, et un prix aligné sur le neuf : nous n’avions rien à perdre et un impact environnemental positif à gagner. »

Guillaume Pelletier, Embedded Systems Manager, inVirtus Technologies

Pour l’acheteur, la décision reste engageante : les composants doivent correspondre exactement au produit, être compatibles avec les exigences de fabrication et pouvoir être intégrés dans les conditions attendues.

Le rôle de l’EMS est donc important.

Cabl’inov sécurise l’intégration à la production

Les composants ne passent pas par les locaux d’inVirtus à Nantes.

Ils sont acheminés directement depuis Saint-Malo vers Cabl’inov, le sous-traitant électronique d’inVirtus installé à Cheffois, en Vendée.

Cabl’inov prend en charge l’achat et la réception des composants, avant leur intégration dans la fabrication.

« Le fait que la transaction passe par notre EMS Cabl’inov nous a rassurés, puisqu’ils ont pris en charge l’achat et la réception. »

Guillaume Pelletier, inVirtus Technologies

L’intégration se déroule sans difficulté particulière signalée.

L’opération ne s’arrête finalement pas au premier lot.

Au total, 4 000 ICs Nordic issus du stock de Keepen sont achetés pour inVirtus et acheminés en quatre livraisons, permettant d’approvisionner quatre lots de production de 1 000 devices.

Un stock disponible à Saint-Malo a ainsi trouvé son usage dans une production réalisée en Vendée pour une entreprise nantaise.

Quel impact estimé pour ces composants remis en circulation ?

Pour ces chips Nordic approvisionnés pour inVirtus, la part de l’impact évité attribuée à l’acheteur est estimée à :

IndicateurImpact estimé attribué à l’acheteur
Émissions de gaz à effet de serre évitées202,52 kg CO₂e
Eau économisée39,97 m³, soit près de 40 000 litres
Ressources minérales préservées70 g

Estimations issues de la méthodologie de calcul probabiliste d’Hexachip. Ces valeurs représentent 90 % de l’impact évité total estimé pour cette opération, attribués à l’acheteur ; les 10 % restants sont attribués au vendeur.

Pour Keepen, un stock immobilisé retrouve de la valeur

Pour Keepen, l’opération produit un double résultat : récupérer de la trésorerie sur des composants sans usage identifié et savoir qu’ils sont réellement réutilisés par un autre industriel.

La proximité géographique donne également une dimension particulière à l’opération.

« C’était très satisfaisant de savoir que cela allait servir localement. »

Guillaume Reinhardt, CTO, Keepen

L’expérience avec inVirtus fait partie d’une collaboration plus large entre Keepen et Hexachip.

L’entreprise a notamment vendu d’autres composants à une startup IoT située à Rennes.

« Je suis ravi de vendre mes stocks excédentaires sur Hexachip. Déjà 7 transactions réussies en quelques mois seulement ! »

Guillaume Reinhardt, Keepen

Ces sept transactions concernent l’ensemble des opérations réalisées par Keepen via Hexachip.

Pour Guillaume Reinhardt, le principal conseil aux industriels possédant eux-mêmes des composants inutilisés est simple :

« Je conseille à tous de ne pas trop attendre pour vendre. »

Et l’expérience commence également à modifier son regard d’acheteur :

« Grâce à ces opérations réussies, je reconsidère l’opportunité pour nous aussi d’acheter des surplus de nos pairs, je suis moins réticent. »

Un complément aux circuits d’approvisionnement traditionnels

L’expérience d’inVirtus montre surtout qu’un approvisionnement circulaire n’a pas nécessairement vocation à remplacer les distributeurs historiques.

Il peut constituer une source complémentaire, lorsque plusieurs conditions sont réunies : la bonne référence, une traçabilité suffisante, une quantité cohérente avec le besoin, des conditions économiques adaptées et un processus permettant de sécuriser l’intégration des composants à la production.

Dans cette opération, inVirtus n’a pas acheté un surplus simplement parce qu’il était disponible.

L’entreprise disposait déjà d’une solution d’approvisionnement traditionnelle.

Elle a fait le choix d’utiliser une ressource existante parce qu’elle correspondait à son besoin industriel.

« Le surplus d’un industriel peut être l’approvisionnement d’un autre. Ça ne remplace pas nos circuits habituels, mais c’est un vrai levier de compétitivité et d’économie circulaire, surtout quand l’EMS est dans la boucle pour sécuriser l’opération. »

Guillaume Pelletier, Embedded Systems Manager, inVirtus Technologies

Lire aussi le récit de l’opération côté Hexachip : Dans le Grand Ouest, les surplus de Keepen deviennent les ressources d’inVirtus Technologies.

Voir aussi...

Que diriez-vous de gérer l’ensemble de vos données sur une seule et même plateforme de manière intuitive et autonome ?

© 2026 - inVirtus Technologies

Création :
labuche.pro
Contactez-nous
envelopephone-handset